Commission d’accès aux documents administratifs
Commission d’accès aux documents administratifs
La Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) est une autorité administrative indépendante française créée en 1978 et chargée de veiller au respect du droit d’accès aux documents administratifs. Ce droit est garanti par la loi du 17 juillet 1978, qui pose les principes fondamentaux en matière de transparence de l’administration. La CADA joue depuis un rôle central dans la régulation de la transparence administrative et la protection des droits des citoyens. Elle agit à l’interface entre les administrations publiques, les usagers, les journalistes, les avocats, et toute personne physique ou morale souhaitant accéder à un document administratif.
Historique et cadre juridique
La création de la CADA s’inscrit dans le mouvement de modernisation et de démocratisation de l'État français à la fin des années 1970, à la suite des travaux de Bernard Nora et des recommandations du Conseil d’État. Depuis sa création par décret en 1978, la CADA voit ses attributions régulièrement enrichies, notamment à la faveur de l’adoption des textes législatifs suivants :
- Loi n°78-753 du 17 juillet 1978
- Loi sur les archives
- Loi n°2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations
- Loi pour une République numérique
La CADA est placée sous le contrôle de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui reçoivent son rapport annuel.
Missions de la Commission d’accès aux documents administratifs
La CADA a pour mission principale de garantir l’effectivité du droit d’accès aux documents administratifs tel que défini par la loi du 17 juillet 1978 et précisé par le Code des relations entre le public et l’administration. Elle remplit notamment les missions suivantes :
- Examiner les recours formés par des personnes dont les demandes de communication de documents administratifs sont restées sans réponse ou ont été rejetées par l’administration.
- Émettre des avis sur la communicabilité des documents publics : correspondances, rapports, notes, arrêtés, circulaires, décisions, fichiers, statistiques, etc.
- Accompagner les administrations publiques et les usagers dans la mise en œuvre du droit d’accès.
- Formuler des recommandations sur la diffusion proactive des informations publiques et la réutilisation des données publiques.
- Contribuer à la formation des agents publics sur la transparence et les droits des citoyens.
La CADA instruit ainsi tout type de saisines portant sur l’accès à un document administratif détenu par une collectivité territoriale, un ministère, une préfecture, une mairie, un établissement public, ou toute entité exerçant une mission de service public.
Fonctionnement
Composition
La CADA est composée de membres issus de diverses institutions afin de garantir son indépendance et son expertise :
| Représentant | Institution ou titre |
|---|---|
| Président(e) | Conseiller d’État, nommé(e) par décret |
| Deux membres | Conseil d’État |
| Deux membres | Cour de cassation |
| Deux membres | Cour des comptes |
| Deux personnalités | Nommées pour leur expertise dans les domaines du droit ou des technologies de l’information |
Le secrétariat général, organe opérationnel, reçoit et instruit les dossiers.
Procédure de saisine
Toute personne peut saisir la CADA gratuitement, à condition d’avoir formulé préalablement une demande écrite d’accès à un document auprès de l’administration concernée. Si la demande est rejetée ou reste sans réponse dans un délai d’un mois, la personne peut saisir la Commission, qui émet son avis sous un mois.
En pratique, la CADA n’est pas une juridiction : elle rend un avis, facultatif mais suivi dans la très grande majorité des cas par les administrations. Si l’administration maintient son refus après l’avis, le demandeur peut saisir le tribunal administratif.
Modalités d’avis
La CADA examine divers types de documents, incluant :
- Documents papier ou numériques
- Rapports, études, statistiques
- Correspondance administrative non confidentielle
- Délibérations, procès-verbaux
- Données publiques
Certaines exceptions sont toutefois prévues, notamment lorsque la communication porterait atteinte à la sécurité publique, à l’intimité de la vie privée, aux secrets protégés par la loi (secret industriel et commercial, secret médical, etc.), ou à la sûreté de l’État.
Activité et chiffres clés
Chaque année, la CADA publie un rapport annuel, remis au Premier ministre et au Parlement français. Elle y présente le bilan quantitatif et qualitatif de ses missions. Quelques chiffres pour l’année 2022 :
| Indicateur | Volume |
|---|---|
| Saisines reçues | 7 500 |
| Avis rendus | 5 800 |
| Taux de suivi par l’administration | 90 % |
| Dossiers relatifs à l’État | 65 % |
| Dossiers relatifs aux collectivités locales | 25 % |
| Dossiers relatifs aux établissements publics | 10 % |
Les principaux secteurs concernés sont : santé, éducation, urbanisme, environnement, police, justice.
Relations avec d’autres autorités et institutions
La CADA coopère fréquemment avec d’autres autorités administratives indépendantes, notamment avec la CNIL sur la frontière entre transparence administrative et protection de la vie privée. Elle échange également avec la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique et le Défenseur des droits.
À l’échelle européenne, ses missions sont en lien avec les principes de la Convention d’Aarhus et la directive 2003/98/CE sur la réutilisation de l’information du secteur public.
Exemples de domaines de saisine
- Communication de dossiers médicaux dans les hôpitaux publics
- Consultations de documents d’urbanisme dans les mairies
- Accès à des rapports d’inspection de l’Inspection générale des finances
- Demande de délibérations d’instances universitaires dans les universités
- Requêtes d’accès aux statistiques de la Police nationale sur la délinquance
Ressources et accès
La CADA met à disposition sur son site web :
- Un guide du droit d’accès
- Des modèles de demandes type
- Une base de données publique de ses avis
- Un formulaire en ligne de saisine
Son siège est situé à Paris.
Voir aussi
- CRPA
- Loi pour une République numérique
- CNIL
- Haute Autorité pour la transparence de la vie publique
- Défenseur des droits
- Conseil d’État
- Cour de cassation
- Cour des comptes