Jump to content

Délégué ou déléguée à la protection des données

From fonction-publique.com

Délégué ou déléguée à la protection des données

Le délégué ou déléguée à la protection des données (aussi connu sous l’acronyme anglo-saxon DPO pour Data Protection Officer) est une fonction essentielle introduite notamment par le RGPD (Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil). Ce rôle, désigné en France par la CNIL, est central pour garantir la conformité des traitements de données à caractère personnel, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

Historique et cadre juridique

La fonction de délégué à la protection des données trouve ses origines dans les évolutions législatives européennes visant à renforcer les droits des personnes quant à leurs données personnelles.

L'entrée en application du RGPD le 25 mai 2018 a rendu obligatoire la désignation d’un DPO :

En France, l’autorité de contrôle compétente en matière de données personnelles est la CNIL, qui encadre la désignation et l’exercice des missions du délégué.

La Loi informatique et libertés (loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée) inscrit également ce rôle dans le droit national.

Missions et attributions

Le délégué à la protection des données exerce des fonctions variées et stratégiques :

Désignation et statut

La désignation du délégué à la protection des données est obligatoire dans certaines situations ; elle reste fortement recommandée dans de nombreuses autres. Les modalités sont encadrées par les textes européens et nationaux :

Quelles structures doivent désigner un DPO ?
  • Les autorités publiques ou organismes publics (hors juridictions)
  • Les organismes qui effectuent un suivi régulier et systématique de personnes à grande échelle
  • Les organismes qui traitent à grande échelle des catégories particulières de données (ex : santé)
Statut du DPD

Le DPO peut être membre du personnel ou intervenant externe (via un prestataire). Il peut mutualiser sa fonction entre plusieurs organismes, notamment pour les petites collectivités territoriales ou les établissements scolaires.

Le DPD bénéficie de garanties d’indépendance et de moyens. Il ne reçoit aucune instruction pour l’exercice de ses missions, ne peut être sanctionné ou relevé de ses fonctions pour l’exercice de son rôle, et doit avoir accès aux ressources nécessaires (humaine, matérielle, formation…).

Compétences et profil

Le RGPD n’impose pas de diplôme spécifique mais requiert des compétences professionnelles en matière de droit, de réglementation et de pratiques relatives à la protection des données personnelles. Les qualités attendues sont :

  • Bonne connaissance du droit applicable à la protection des données (RGPD, Loi informatique et libertés, etc.)
  • Capacités de communication, de pédagogie et de gestion de projet
  • Maîtrise des risques liés à la sécurité de l’information
  • Sens de la confidentialité et de l’éthique
  • Esprit d’analyse et autonomie

Diverses formations certifiantes, notamment celles reconnues par la CNIL, sont disponibles pour les agents de la fonction publique, de la Fonction publique territoriale, de la Fonction publique hospitalière ou du secteur privé.

Fonction dans la fonction publique

Dans la fonction publique, le rôle de délégué à la protection des données s’applique à de nombreuses structures :

Structure concernée DPO obligatoire Modalités fréquemment observées
Ministères Oui DPD interne ou mutualisé du Secrétariat général
Préfectures Oui DPD interne ou coordonné au niveau régional
Collectivités territoriales Oui (selon taille et traitement) DPD mutualisé via CDG ou intermédiaire
Établissements publics Oui DPD propre ou rattaché à l'organisme de tutelle
Établissements scolaires Oui DPD académique ou mutualisé
Établissements de santé Oui DPD affecté à l'établissement ou au GHT

Relations institutionnelles

Le DPD collabore avec diverses entités :

Responsabilités et limites

Le délégué conseille et alerte mais n’exerce pas de responsabilités décisionnelles en matière de traitement. La responsabilité finale incombe au responsable de traitement. Toutefois, le DPD doit être informé, consulté et associé à tous les projets et incidents relatifs aux données personnelles.

Le DPD bénéficie d’une protection particulière prévue par la législation, notamment au sein du Code du travail, du statut général de la fonction publique et du Code pénal (sur les atteintes aux fichiers nominatifs).

Outils et documentation

Pour remplir ses missions, le DPD dispose de ressources dont :

Exemples de traitements encadrés

Quelques exemples de traitements nécessitant la désignation ou l’intervention du DPD :

  • Gestion de la paie et des dossiers agents (RH)
  • Vidéoprotection de bâtiments publics
  • Plateformes dématérialisées de services et démarches administratives
  • Dossiers médicaux partagés dans les établissements de santé
  • Fichiers de suivi scolaire, inscription scolaire, gestion des absences

Références légales et sources

Voir aussi

Catégorie:Affaires juridiques