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École nationale d'administration

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École nationale d'administration

L’École nationale d'administration (souvent abrégée ENA) est un établissement public français ayant existé de 1945 à 2022, reconnu pour avoir formé de nombreux hauts fonctionnaires appelés à occuper les plus hautes responsabilités de l’État. Souvent associée à l’élite administrative, l’ENA a joué un rôle central dans la formation des cadres de la fonction publique et dans le renouvellement du corps préfectoral, de la diplomatie et de la haute fonction publique. Son siège principal était situé à Strasbourg, ayant auparavant été basé à Paris. L’ENA a été remplacée, le 1er janvier 2022, par l’Institut national du service public (INSP).

Histoire

L’ENA a été fondée en 1945 par une ordonnance du GPRF sous l’impulsion de Michel Debré, alors Commissaire de la République, et avec le soutien du Général Charles de Gaulle. L’objectif était de démocratiser l’accès aux grands corps administratifs de l’État, jusque-là réservés à un cercle restreint issu principalement des anciennes élites.

D’abord installée à Paris, l’École nationale d’administration a connu plusieurs déménagements, notamment à Strasbourg en 1991, afin de souligner l’ancrage européen de la France et en lien avec la présence de Conseil de l'Europe et du Parlement européen.

L’ENA a été profondément réformée à plusieurs reprises, notamment en 2002, sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, puis en 2019-2021, lorsque le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé sa suppression et son remplacement par l’INSP. Cette réforme vise à moderniser la formation des hauts fonctionnaires et répondre à certaines critiques récurrentes sur l’entre-soi, le manque de diversité sociale, et l’adaptation de l’école aux nouveaux enjeux publics.

Missions et organisation

L'ENA était chargée de la formation initiale et continue des cadres supérieurs de la fonction publique d'État. Elle assurait un recrutement national par concours extrêmement sélectif, ouvert à différents profils : fonctionnaires, jeunes diplômés et candidats libres.

Concours d’entrée

Il existait plusieurs concours :

Les admis, appelés « élèves-administrateurs », étaient rémunérés au cours de leur scolarité, qui s'étendait sur environ 24 mois. La promotion annuelle de l’ENA portait souvent le nom d’une personnalité ayant marqué l’histoire nationale ou la vie publique française.

Formation

La scolarité articulait enseignements théoriques et stages pratiques au sein de diverses administrations, en France ou à l’étranger (notamment via le réseau diplomatique français). L’objectif central restait de développer une compréhension globale des missions de l’État, la gestion publique, l’action internationale et l’éthique du service public.

À l’issue de la scolarité, les élèves étaient classés selon leurs résultats à un classement de sortie, lequel déterminait le choix des postes proposés, principalement dans les grands corps de l'État, parmi lesquels :

Les élèves issus du concours externe arrivaient généralement en tête du classement de sortie, leur permettant d’intégrer les grands corps d'État.

Rôle dans la fonction publique

L’ENA visait à former une élite administrative mobilisable sur les grands enjeux de l’État. Les diplômés (ou « énarques ») sont présents au sein de la direction du Trésor, du Conseil d’État, de la Cour des comptes, de la Inspection générale des finances, ou encore du Quai d'Orsay.

L’école a été critiquée pour l’homogénéité sociale de ses élèves, mais aussi admirée pour l’efficacité de sa formation. Elle formait de hauts cadres pour :

Un très grand nombre de ministres, préfets, ambassadeurs, et de Présidents de la République français sont d’anciens élèves de l’ENA, dont Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, François Hollande et Emmanuel Macron.

Les anciens élèves célèbres

Les « énarques » ont souvent joué un rôle central au sommet de l’État français. Parmi les plus connus :

Plus largement, des membres clés des grands corps administratifs, du secteur privé et des organisations internationales, ont également été formés à l’ENA.

Liste de quelques promotions emblématiques

Année Nom de la promotion Élève(s) célèbre(s)
1950-1951 Bahia Roland Dumas
1969-1971 Robespierre François Hollande
1976-1978 Voltaire Dominique de Villepin, Ségolène Royal
1978-1980 Droits de l'homme Michel Sapin, Bernard Cazeneuve
1980-1982 Victor Hugo Emmanuel Macron

Remise en cause et suppression

Face à de nombreuses critiques, relatives à la faible diversité sociale, à un prétendu entre-soi et à la difficulté d'adaptation au monde contemporain, l’ENA a évolué puis finalement disparu. La réforme voulue par Emmanuel Macron aboutit à la création de l’INSP en 2022, conçu pour favoriser la mobilité sociale et moderniser la formation des hauts fonctionnaires, en lien avec les besoins contemporains de l’action publique.

Influence et modèle

L’ENA a inspiré la création de structures comparables à l’étranger, telles que l’École nationale d’administration publique au Québec, ou l’Academia Diplomatica au Chili. Elle a aussi développé des partenariats académiques et administratifs, notamment avec l’École supérieure de la fonction publique internationale et divers grandes écoles françaises.

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