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Interopérabilité

From fonction-publique.com

Définition et principes de l'interopérabilité

L’interopérabilité désigne la capacité de systèmes informatiques, d'applications, de logiciels, ou d'organisations distincts à fonctionner ensemble en échangeant et en utilisant mutuellement des informations, de manière transparente et efficace. Ce concept est central dans le domaine des systèmes d'information et particulièrement dans les administrations publiques où il favorise la communication inter-institutionnelle, la réutilisation de ressources et l’amélioration des services aux usagers.

Le terme est employé dans divers secteurs : technologies de l'information et de la communication, santé, éducation, défense ou encore dans le domaine des collectivités territoriales. L’interopérabilité s’appuie sur des standards, protocoles et bonnes pratiques, promus notamment par des organismes comme l’ISO et le W3C.

Les niveaux d’interopérabilité

L’interopérabilité se décline généralement à plusieurs niveaux :

Interopérabilité technique
échange de données grâce à des protocoles (TCP/IP, XML, JSON) et des formats standards.
Interopérabilité sémantique
compréhension partagée de la signification des données échangées (utilisation d'ontologies, de référentiels).
Interopérabilité organisationnelle
harmonisation des processus, des pratiques et des objectifs entre différentes entités.
Interopérabilité juridique
compatibilité des cadres légaux et réglementaires, essentielle pour le partage de données dans la fonction publique.

Tableau récapitulatif des niveaux d’interopérabilité

Niveau Description Exemples d’application
Technique Interconnexion matérielle/logicielles via protocoles communs Protocoles HTTP, SMTP, formats CSV.
Sémantique Partage d'un langage commun pour une interprétation correcte des données Dictionnaires de données, SNOMED CT en santé.
Organisationnelle Coordination des processus métiers et procédures interinstitutionnelles Mutualisation de services au sein des ministères.
Juridique Conformité réglementaire dans l'échange et l'exploitation de données Respect du RGPD, Code des relations entre le public et l'administration.

Interopérabilité dans la fonction publique

La fonction publique française requiert une forte interopérabilité pour garantir la cohérence et la continuité des services publics au sein de l’État, des collectivités locales et du secteur hospitalier. Le SIRH de l’Etat ou le Réseau interministériel de l’État sont des exemples d’écosystèmes nécessitant une transmission de données fluide, standardisée et sécurisée entre les différentes structures.

Parmi les initiatives majeures, on retrouve :

  • L’application du RGI édité par la DINUM.
  • Le développement de plateformes telles que FranceConnect, favorisant l’authentification unique et le partage de données d’identification sur les sites publics.
  • L’adoption de solutions de dématérialisation (par exemple, Chorus Pro pour la facturation électronique).
  • L'ouverture des données par le portail data.gouv.fr.

Normes et référentiels d’interopérabilité

La standardisation joue un rôle clé dans l’instauration de l’interopérabilité. En France, le RGI s’impose pour les systèmes d’information de l’État. Il définit les protocoles, formats et principes à appliquer pour garantir la cohérence et la sécurité des échanges.

À l’échelle européenne, le EIF (cadre européen d’interopérabilité) guide les administrations des États membres, dans le respect des principes comme l’ouverture, la réutilisation des solutions, et l’accessibilité.

Des organismes tels que l’ANSSI, la Commission européenne, et l’ISO contribuent à mettre en place des normes (par exemple ISO 27001, ISO 20000) essentielles pour l’interopérabilité sécurisée des systèmes informatiques.

Exemples d’interopérabilité dans les administrations publiques

  • Le partage automatisé de données entre la CDC et les communes pour la gestion des comptes de retraite.
  • L’utilisation de FranceConnect pour l’accès simplifié aux services des ministères et des organismes comme la CNAF.
  • L'échange de documents dématérialisés via Chorus Pro entre la DGFiP, les fournisseurs et les collectivités.
  • Les projets de santé numérique tels que Mon Espace Santé, requérant une compatibilité entre établissements, professionnels et usagers.

Enjeux et défis de l’interopérabilité

La généralisation de l’interopérabilité soulève plusieurs enjeux majeurs :

  • Sécurité et confidentialité : Respect des obligations du RGPD, lutte contre les cyberattaques, gestion des droits d’accès.
  • Pérennité et évolutivité : Maintien de la compatibilité lors de l’évolution des systèmes ou de l’apparition de nouveaux protocoles.
  • Coûts et complexité organisationnelle : Nécessité de former les agents, de mutualiser les investissements, et d’adapter les processus métiers.
  • Qualité des données : Harmonisation et fiabilité des informations partagées entre entités.

Interopérabilité et ouverture des données

La démarche d’Open data portée par le plan de transformation numérique de la commande publique et le portail data.gouv.fr illustre la volonté d’accroître la réutilisation des données publiques. Cela favorise également l’innovation, la transparence administrative, et répond aux exigences européennes d’interopérabilité.

Perspectives et évolutions

Les tendances actuelles, telles que l’essor du logiciel libre, la montée en puissance du cloud computing, l’automatisation via les API – dont celles proposées par api.gouv.fr – ou encore l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle, renforcent le besoin d’interopérabilité robuste et évolutive dans toute la fonction publique.

Le Schéma directeur des systèmes d’information et du numérique ou encore des initiatives portées par la DITP illustrent la planification stratégique des administrations vers des systèmes plus ouverts, efficaces et interopérables.

Voir aussi

Références

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